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De la rue de la Plage à la rue du Général-de-Gaulle

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Les hôtels et pensions de famille de la rue de la Plage (aujourd’hui rue du Gal de Gaulle).

En 1939, Marcel Le Guillouzer épouse Germaine Alexandrine Offret de Ploumagoar. Ses parents possèdent une résidence à Trégastel, la villa « Kêr Louise », située au bas de la rue de la Plage. L’Hôtel Quo Vadis est freiné dans son élan par la guerre 1939-1945. À la Libération, Marcel et Germaine décident d’acheter un commerce situé à Trégastel Sainte-Anne, à l’angle de la rue de la Plage et de la rue des Sept-Îles. Ils déménagent avec leurs deux filles Maryvonne et Hervine. Au fil des ans, la famille s’agrandit et accueille cinq autres enfants (Jeannic, Loïc, Annie, Marcel-Pierre et Armelle). Les bâtiments suivent. Les « Galeries Sainte-Anne » vont contribuer à la renommée de la station touristique en plein essor. Le souvenir de ce commerce où on pouvait trouver mercerie, laine, vêtements, chaussures, bottes, sabots, articles de pêche, faïence, cadeaux, bonbons, cartes postales, livres, papeterie, appareils photo et pellicules, est resté intact dans la mémoire de nombreux Trégastellois et amoureux de la commune. En parallèle, L’agence Le Guillouzer voit le jour en 1946. Au départ, aucun local spécifique ne lui est affecté, tout se passe sur la table de la cuisine.

La rue de la Plage, rebaptisée ensuite rue du Général-de-Gaulle, va connaître les Trente Glorieuses et devenir l’artère principale de la commune. Toute l’activité commerciale s’y concentre : garage, gare routière, presse, boucherie, hôtels, boulangerie, pâtisserie, pharmacie, magasins d’alimentation, de souvenirs, de vêtements, d’articles de pêche, mercerie, salons de coiffure, studio photo, galerie d’art, sans parler de plusieurs débits de boissons. En été, dès huit heures le matin, les vendeurs de journaux à pied ou à bicyclette annoncent à la criée : « Demandez Le Petit Écho de la Mode ! ». L’activité bat son plein jusqu’au soir et Madame Le Guillouzer ne ferme son magasin qu’à vingt-trois heures.

Madame Le Guillouzer devant son magasin.

Tout en s’occupant de son agence, Marcel réussit à trouver le temps de s’impliquer dans la vie associative. Il fonde tour à tour le Club Sportif Trégastellois et le Bagad « Kornefiched » (les calculots) où la jeunesse de l’époque se retrouve autour d’un ballon de football ou au son de la musique bretonne.

Le magasin s’agrandit, l’agence s’installe au rez-de-chaussée du bâtiment annexe situé au numéro 2 de la rue des Sept-Îles. Marcel Le Guillouzer fait installer une enseigne représentant une goélette chère à son cœur, peut-être la Walkyrie de sa jeunesse. Il s’agit de la première réalisation en fer forgé de l’entreprise Thomas de Ploumanac’h, reproduite ici comme un fil d’Ariane tout au long de ce livret. Le bateau ressemble étrangement à celui qui vogue majestueusement sur un tableau peint par René Agnès, dont l’atelier se situait juste avant la villa « Kêr Louise » en descendant vers le Coz Pors à l’époque de la rue de la Plage. La peinture a longtemps orné le mur du salon familial de Marcel et Germaine Le Guillouzer, leur petit-fils Devrig l’a depuis installée dans son bureau à l’agence. Pour son grand-père, au-delà du beau voilier fendant les vagues, elle représentait sûrement un premier contact avec le monde professionnel, dans des conditions particulièrement difficiles. Qui sait, peut-être la goélette symbolisait-elle aussi son attachement à ses racines et aux valeurs de travail qui le guideront durant toute son existence ? Armelle, la plus jeune de ses filles, héritera de son goût de l’aventure et naviguera plusieurs années aux Antilles, avant de revenir s’établir définitivement à Trégastel.

Publicité de l’agence dans les années 60 avec la mention "Ni a gomz brezhoneg"

Lorsque Marcel disparaît en 1980, sa fille aînée Maryvonne se formation juridique lui permet de restructurer l’agence et de l’adapter aux exigences de la clientèle. Aidée par sa belle-sœur Marylène, elle s’équipe d’une mini imprimerie afin d’éditer ses propres supports publicitaires et ses descriptifs de produits à louer ou à vendre. Son neveu Devrig se souvient encore du bruit de la machine qui tournait nuit et jour, de l’odeur de l’encre et des angoisses liées aux risques de bourrage en période de chauffe. Grâce à cette évolution, l’agence est aussi en mesure de répondre aux quelque cinquante demandes journalières de l’office de tourisme, qui à l’époque les relaie aux professionnels.

Pendant ce temps, le paysage commercial évolue et l’artère principale prend un caractère plus résidentiel. Les Galeries Sainte-Anne, reprises par Jeannic et Hervine, ferment définitivement leurs portes en août 1989. Après la mise en sens unique de la rue du Général-de-Gaulle, l’installation d’une grande surface à Sainte-Anne porte un coup fatal au magasin. Hervine rejoindra quelques années plus tard les effectifs de l’agence. Le Guillouzer Immobilier poursuit son développement et occupe depuis 1993 une bonne partie des anciennes galeries, à l’angle des deux rues. Pour son adresse postale, l’agence a toutefois préféré conserver le nom plus poétique de « rue des Sept-Îles ». Grâce au Forum de la Mer et à l’Aquarium Marin, la rue du Général-de-Gaulle reste un lieu de passage fréquenté. D’aucuns peuvent cependant regretter le temps de la rue de la Plage au nom plus évocateur et les nombreux commerces qui l’animaient dès potron-minet jusqu’à la tombée de la nuit.

Plan de Trégastel communiqué par l’agence aux estivants à l’époque de Marcel Le Guillouzer. Y figurent : les emplacements des villas en location, les lieux de pêche, la liste des hôtels (sur 16 à l’époque, il n’en reste plus que 3 aujourd’hui).

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